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Pratique transfrontalière

La due diligence réglementaire marocaine pour les projets transfrontaliers

Un cadre orienté décision pour identifier les enjeux marocains — sociétaires, sectoriels, contractuels et réglementaires — avant qu’un projet n’avance.

Vue aérienne de l’avenue centrale de Casablanca Finance City
Les projets transfrontaliers au Maroc mobilisent généralement plusieurs institutions à la fois — sociétaire, sectorielle, financière et administrative.

Partir du projet, non d’une liste générique

La due diligence réglementaire est la plus utile lorsqu’elle est construite autour de l’activité proposée. Un investissement étranger, un accord de services, un déploiement technologique, un marché public et un projet de distribution peuvent mobiliser des institutions et des règles marocaines très différentes. L’examen devrait commencer par cartographier ce que feront les parties, où elles le feront, quels actifs et données circuleront, et comment les fonds s’écouleront.

Cette cartographie du projet détermine le périmètre. Elle prévient aussi un écueil fréquent : produire une liste impressionnante de textes sans montrer lesquels affectent réellement la décision.

Identité et pouvoirs de la société

Le premier chantier établit qui sont les parties marocaines et si elles ont le pouvoir de conclure l’accord proposé. Les éléments pertinents peuvent inclure les informations du Registre du commerce, les documents constitutifs, les approbations de gouvernance, les pouvoirs de signature et les éléments relatifs aux bénéficiaires effectifs adaptés à la transaction.

L’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale fournit une information officielle sur la création et la vie des entreprises, y compris les formalités du Registre du commerce. Pour une transaction en cours, les preuves issues du registre devraient être à jour et rapprochées des documents fournis par la contrepartie.

Classification par secteur et activité

Un projet devrait ensuite être classé selon l’activité plutôt que selon l’étiquette employée dans la proposition commerciale. La question clé est de savoir si un élément est soumis à licence, réservé, supervisé ou soumis à notification préalable. Cela peut dépendre du produit, du service, du type de client, du canal ou du territoire concernés.

Lorsque l’activité est réglementée, la due diligence devrait identifier l’autorité compétente, la base légale, la licence ou l’autorisation requise, l’état de la demande, les conditions d’exploitation et les conséquences d’un manquement. Une déclaration dans un contrat ne remplace pas la vérification de l’autorisation sous-jacente.

Contrats, actifs et autorisations opérationnelles

Les contrats importants devraient être examinés quant à leur portée, leur durée, leur résiliation, le changement de contrôle, l’exclusivité, la cession, le droit applicable et les mécanismes de règlement des différends. L’examen devrait aussi identifier les droits nécessaires pour utiliser les locaux, la propriété intellectuelle, la technologie, les équipements et les services de tiers.

Les autorisations opérationnelles méritent une attention distincte. Les autorisations environnementales, d’urbanisme, d’importation, de produit, de publicité ou locales peuvent se situer en dehors du contrat commercial principal tout en déterminant si le projet peut fonctionner comme prévu.

Paiements transfrontaliers et règles de change

Les flux financiers devraient être cartographiés tôt. Les apports en capital, le financement par les actionnaires, les services importés, les redevances, les frais de gestion, les dividendes et le produit de sortie peuvent soulever des questions documentaires et de change différentes.

L’Office des changes publie la réglementation des changes applicable, y compris l’Instruction générale des opérations de change 2026. Un rapport de due diligence devrait identifier le flux envisagé, les documents justificatifs, la banque ou l’autorité responsable et tout point nécessitant confirmation avant paiement.

Dépendances en matière d’emploi, de données et de conformité

La cartographie du projet devrait consigner si du personnel sera recruté, détaché ou géré au Maroc et si des informations sur les salariés ou les clients seront traitées. Elle devrait aussi saisir les dépendances de conformité telles que les intermédiaires, les cadeaux et invitations, les points de contact avec le secteur public, le filtrage des sanctions et les exigences d’approbation interne.

L’objectif n’est pas de traiter chaque sujet comme également important. Il s’agit d’identifier les enjeux susceptibles d’empêcher le lancement, de modifier le coût, de retarder le calendrier ou d’exiger une répartition contractuelle différente du risque.

Convertir les constats en décisions

Un rapport de due diligence utile distingue quatre catégories : conformité confirmée, demandes d’information ouvertes, lacunes remédiables et risques déterminants pour la décision. Chaque constat devrait identifier les éléments examinés, la source juridique ou réglementaire, la partie responsable et l’action suivante.

Le livrable final devrait aussi énoncer ses limites. Les extraits de registre peuvent devenir obsolètes, les licences peuvent comporter des conditions non visibles dans les sources publiques, et la pratique administrative peut nécessiter confirmation. Ces limites font partie du conseil, et non d’une note de bas de page.

Poursuivre l’analyse

Le guide du conseil juridique au Maroc explique comment commander une analyse orientée décision. L’article complémentaire sur la préparation d’une note juridique marocaine propose une structure pour transformer les constats de due diligence en un document interne clair. Un accompagnement fondé sur la recherche est décrit sur la page de conseil juridique marocain.

Cet article constitue une information générale et non un conseil juridique propre à une transaction. Le périmètre de la due diligence et l’intervention d’un conseil localement qualifié devraient être déterminés pour chaque projet.

Jadoua Benseghir
À propos de l’auteure
Jadoua Benseghir
Juriste d’entreprise senior trilingue · Doctorante et enseignante en droit

Jadoua Benseghir écrit sur le droit public et le droit des affaires marocains. Elle conseille dans les domaines du droit des affaires et du contentieux du Royaume, enseigne et mène des recherches en science juridique. Elle est fondatrice et rédactrice en chef de la Moroccan Law Review.

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